Opération

La prothèse de hanche sur mesure implantée par voie antérieure est notre technique de référence. Il s’agit d’un implant personnalisé conçu et planifié en 3D, fabriqué par la société Symbios (Yverdon, Suisse). La Custom Hip a été développée il y a 25 ans par le CHU de Marseille, puis perfectionnée au sein de notre équipe en 2014. Son recul est important et ses résultats cliniques excellents.

Les étapes de la pose d’une prothèse de hanche

La voie antérieure mini-invasive respecte la musculature. La peau est incisée devant la hanche, puis les muscles sont écartés. La tête fémorale usée est extraite après section du col fémoral. La cupule est positionnée dans le bassin puis la tige est implantée dans le fémur grâce à une fixation mécanique non cimentée, stable immédiatement puis laissant place à une fixation osseuse biologique durable (ostéo-intégration). En fin d’intervention, les muscles qui n’ont pas été coupés se referment comme les pages d’un livre.
Avant l’intervention, la planification 3D nécessite de réaliser un scanner selon le protocole spécifique Symbios. La taille et la position des implants sont déterminées de façon à reconstruire avec précision l’anatomie de la hanche. Moins précise, la planification 2D sur radiographies est donc abandonnée.

En pratique, l’intervention dure 60 à 90 minutes, et l’hospitalisation 2 à 3 nuits. L’appui complet soulagé par des cannes est autorisé le soir de l’intervention. La marche normale est acquise entre trois et six semaines, le sport est repris progressivement après 6 semaines. La durée d’arrêt de travail dépend des conditions personnelles du patient et peut varier de une à huit semaines.
La prothèse sur mesure implantée par voie antérieure offre habituellement les avantages suivants : aucun mouvement interdit, risque de luxation quasiment nul, préservation complète des muscles de la hanche, pas de limitation sportive, pas d’inégalité de longueur des membres et pas de trouble de torsion. Par rapport à l’implantation d’une prothèse standard, le risque de complication est fortement diminué.

Quelle voie d’abord pour ma hanche ?

Dans un esprit de préservation globale de l’appareil locomoteur, la musculature de hanche doit être respectée chaque fois que cela est possible lorsqu’on implante une prothèse.

La voie d’abord antérieure offre la possibilité d’implanter une prothèse de hanche en toute sécurité, sans sectionner aucun muscle. La technique de planification 3D, améliore l’ergonomie du geste et sa reproductibilité. Les avantages pour l’opéré sont les suivants : pas de geste interdit, pas de sport interdit, risque de luxation proche de zéro, récupération musculaire à 100%, pas de risque de boiterie.

La voie d’abord postérieure sectionne les muscles rotateurs externes de la hanche. Bien que répandue, cette technique de prothèse ne peut être conseillée en première intention, car elle génère un risque de luxation postérieure. En revanche, il s’agit de la voie d’abord à privilégier lors des reprises complexes, car elle offre un accès large à la hanche et au fémur.

La voie de Hardinge sectionne une partie des tendons fessiers, qui sont réparés en fin d’intervention. Technique ancienne également répandue, elle est de moins en moins pratiquée par les chirurgiens jeunes et devrait logiquement être abandonnée dans les années à venir, au profit des voies antérieures ne sectionnant aucun muscle. En cas de boiterie ou douleur résiduelle après voie de Hardinge, il faut chercher une rupture des attaches tendineuses et intervenir pour les réparer.

La trochantérotomie et ses variantes devrait de la même façon laisser la place aux techniques respectueuses de la musculature car elle impose de fixer l’os découpé par des câbles d’acier, ce qui est lourd et inutile. La trochantérotomie garde des indications spécifiques dans les hanches très complexes ou certaines reprises chirurgicales.

Maîtriser les risques opératoires

Il est légitime de se préoccuper du risque opératoire lorsqu’on va bénéficier d’une intervention de prothèse de hanche. L’information de l’opéré contribue de façon positive à réduire le taux de complication globale car le patient devient acteur des soins.

Avant l’opération, il faut traiter toute infection active ou latente de l’organisme (infection dentaire, ORL, digestive, urinaire). Une consultation dentaire est ainsi recommandée. En fonction des facteurs de risque, une consultation cardiologique avec électrocardiogramme est souhaitable. Le bilan biologique complet est systématique. La consultation chirurgicale et anesthésique pré-opératoire permet d’identifier les risques et de les prévenir.

Après l’opération, il faut respecter les prescriptions d’anticoagulants et participer activement à la rééducation (bouger, marcher, contracter ses muscles) afin de limiter le risque de thrombose veineuse. Les patients des docteurs Nogier, Tourabaly et Courtin n’ont pas de mouvement interdit, mais des mesures élémentaires de sécurité doivent être prises pour limiter le risque de chute post-opératoire (attention au sol glissant, aux obstacles et au chaussage inadapté). Les soins de la plaie opératoire sont confiés à un infirmier pour limiter le risque de contamination du site opératoire.

Enfin, l’opéré et son entourage doivent signaler tout symptôme anormal tel que : fièvre, écoulement de la plaie, difficulté respiratoire ou douleur thoracique, douleur du mollet, difficulté à uriner…